Brian Mura est né à Furnes, en Belgique. Son enfance est transfrontalière, entre la Belgique et la France. L'abolition de la frontière entre les deux pays, le 26 mars 1995, est un marqueur. La mise en œuvre des Accords de Schengen fera de lui un Européen convaincu.
La Belgique, et particulièrement sa côte, sa cuisine et sa musique avant-gardiste, le collège français de Gand — une maison de maître où il étudie —, son tram qui fend le sable, celui qui pique les cuisses lors des grands vents sur les plages désertes d'hiver, ainsi que ses artistes, comme James Ensor et Panamarenko, font partie de son patrimoine. À cela s'ajoute le port de Dunkerque, où il intègre l'École des Beaux-Arts à partir de 2006 et où il rencontre son futur grand ami, Jean-Luc Poivret, avec qui il fonde sa première revue d'art : GPU.
L'école, installée dans un ancien hôpital du XIXᵉ siècle aux briques rouges typiques du Nord de la France, marque son regard. Un lieu qui n'est pas destiné à l'art est peut-être celui qui a le plus de chances de l'accueillir. Le peu de moyens, mais une véritable émulation, l'ont conduit à se satisfaire de matériaux humbles et facilement disponibles : éclats de plancher, chutes de caoutchouc, cartons abandonnés, bouts de plastique jaune un peu fondus…
Diplômé, il s'installe durablement à Marseille, cet autre grand port, en plus criard. C'est dans son effervescence qu'il obtient une qualification professionnelle d'imprimeur et une licence informatique. Mais surtout, c'est dans ses rues, sur l'asphalte brûlant des trottoirs, dans l'odeur des viandes grillées — grillées surtout — que Brian récolte le vocabulaire de ses sculptures.
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